L’épargne solidaire prend une place de plus en plus importante dans les contrats d’assurance-vie, les PER et les dispositifs d’épargne salariale. L’objectif est simple : permettre aux épargnants d’investir une partie de leur argent dans des supports plus responsables, tout en conservant une logique patrimoniale.
Assurance-vie, contrat de capitalisation, PEE, PER : plusieurs enveloppes évoluent pour intégrer davantage de placements solidaires, responsables ou tournés vers la transition écologique. Voici les principales nouveautés à connaître.
Qu’est-ce que l’épargne solidaire ?
L’épargne solidaire consiste à orienter une partie de son épargne vers des entreprises ou des projets ayant une utilité sociale, environnementale ou territoriale.
Elle peut notamment financer :
- des associations ;
- des coopératives ;
- des fondations ;
- des mutuelles ;
- des entreprises solidaires d’utilité sociale, appelées ESUS ;
- des projets liés à la transition écologique ou à la cohésion territoriale.
L’idée n’est pas seulement de rechercher une performance financière. Il s’agit aussi de donner du sens à son épargne, en soutenant des acteurs engagés dans l’économie sociale et solidaire.
Pour en savoir plus sur l’économie sociale et solidaire, vous pouvez consulter la page officielle du ministère de l’Économie : https://www.economie.gouv.fr/ess
Assurance-vie, capitalisation et PER : davantage de supports solidaires
Votre contrat d’assurance-vie, votre contrat de capitalisation ou votre PER assurance doit désormais proposer au moins une unité de compte intégrant une dimension solidaire, responsable ou durable.
Concrètement, cela signifie que vous pouvez arbitrer une partie de votre épargne vers des supports investis, en tout ou partie, dans des entreprises solidaires d’utilité sociale ou des fonds responsables.
Attention au risque des unités de compte
Une unité de compte n’est pas un fonds garanti. Contrairement au fonds en euros, son capital peut évoluer à la hausse comme à la baisse.
Elle peut être investie indirectement dans :
- des actions ;
- des obligations ;
- des parts de sociétés immobilières ;
- des fonds labellisés ;
- des entreprises non cotées.
L’épargne solidaire peut donc avoir du sens, mais elle doit rester cohérente avec votre profil investisseur, votre horizon de placement et votre niveau d’acceptation du risque.
Le PEE s’ouvre davantage aux placements responsables
Le Plan d’Épargne Entreprise, ou PEE, évolue également. Il peut désormais proposer des fonds répondant à des critères de financement de la transition énergétique et écologique.
Ces fonds peuvent par exemple être orientés vers :
- l’investissement socialement responsable ;
- la finance verte ;
- la transition écologique ;
- les entreprises engagées ;
- les projets à impact social ou environnemental.
Cette évolution concerne également d’autres dispositifs d’épargne collective comme le PEI, le PER d’entreprise collectif ou le PER d’entreprise obligatoire.
Prime de partage de la valeur : une nouvelle opportunité d’épargne
La prime de partage de la valeur, appelée PPV, peut être versée sur un plan d’épargne salariale ou un plan d’épargne retraite.
Cette option peut permettre de bénéficier d’un cadre fiscal et social avantageux, sous certaines conditions et dans certaines limites.
Pour l’épargnant, l’intérêt est double :
- ne pas consommer immédiatement la prime ;
- transformer cette somme en épargne de moyen ou long terme.
Pour l’entreprise, ces dispositifs renforcent aussi l’attractivité sociale et la fidélisation des salariés.
Vous pouvez consulter les règles officielles sur la prime de partage de la valeur ici : https://www.economie.gouv.fr/particuliers/vie-en-entreprise/salaries-pouvez-vous-beneficier-de-la-prime-de-partage-de-la-valeur
Un abondement employeur plus favorable dans certains cas
Le PEE peut également recevoir un abondement unilatéral de l’employeur dans certaines limites.
Cet abondement peut notamment être utilisé pour l’acquisition de titres de l’entreprise qui vous emploie ou de certificats d’investissement émis par cette entreprise.
Là encore, le dispositif peut être intéressant, mais il faut rester vigilant : investir une part importante de son épargne dans l’entreprise qui vous emploie peut augmenter votre exposition au même risque économique.
De nouveaux cas de déblocage anticipé du PEE
En principe, les sommes placées sur un PEE sont bloquées pendant 5 ans.
Mais plusieurs cas de déblocage anticipé permettent de récupérer son épargne avant cette échéance. Certains cas récents concernent notamment :
- la rénovation énergétique de la résidence principale ;
- l’acquisition d’un véhicule propre ;
- l’exercice d’une activité de proche aidant par le titulaire, son conjoint ou son partenaire de PACS.
Ces nouveaux cas renforcent l’utilité pratique du PEE, en le rendant plus compatible avec des projets de vie concrets.
Vous pouvez retrouver les cas officiels de déblocage anticipé du PEE sur Service Public : https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2142
Le PER évolue aussi vers une épargne plus productive
Le Plan d’Épargne Retraite évolue également. En gestion pilotée par horizon, certains supports peuvent intégrer une part minimale investie dans :
- des sociétés non cotées ;
- des sociétés françaises de capital-risque ;
- des titres éligibles au PEA-PME ;
- des petites et moyennes entreprises ;
- des entreprises de taille intermédiaire.
L’objectif est d’orienter une partie de l’épargne retraite vers le financement de l’économie réelle.
Gestion pilotée : de quoi parle-t-on ?
La gestion pilotée par horizon consiste à adapter progressivement les supports d’investissement à votre horizon de retraite.
Plus vous êtes éloigné de la retraite, plus l’épargne peut être investie sur des supports dynamiques. À l’inverse, à mesure que vous approchez de la retraite, l’épargne est progressivement sécurisée.
Transfert vers un PER : des frais en baisse
Autre évolution importante : les frais de transfert des anciens contrats d’épargne retraite vers un PER ont été revus à la baisse.
Cela peut concerner notamment :
- les PERP ;
- les contrats Madelin ;
- les PERCO ;
- les contrats Article 83.
Cette évolution peut rendre plus intéressant le regroupement de son épargne retraite dans un PER, à condition d’analyser au préalable les avantages conservés sur les anciens contrats.
Un transfert ne doit jamais être automatique. Il faut comparer les frais, les garanties, les conditions de sortie, la fiscalité et les options de gestion.
Partage de la valeur : une obligation élargie pour certaines entreprises
Depuis 2025, certaines entreprises de 11 à 49 salariés doivent mettre en place au moins un dispositif de partage de la valeur lorsqu’elles remplissent certaines conditions de bénéfice.
Cela peut prendre la forme :
- de participation ;
- d’intéressement ;
- d’une prime de partage de la valeur ;
- d’un abondement sur un plan d’épargne salariale ;
- d’un versement sur un PER collectif.
Cette évolution vise à associer davantage les salariés à la performance de leur entreprise.
Le ministère de l’Économie détaille ce dispositif ici : https://www.economie.gouv.fr/developper-lepargne-salariale-et-le-partage-de-la-valeur
Épargne solidaire : bonne idée ou simple tendance ?
L’épargne solidaire répond à une vraie attente : investir autrement, sans dissocier totalement performance financière et utilité sociale.
Mais elle ne doit pas être choisie uniquement pour son image positive.
Avant d’investir, il faut analyser :
- le niveau de risque ;
- les frais ;
- la liquidité ;
- la durée recommandée de placement ;
- la qualité des supports ;
- la cohérence avec votre stratégie patrimoniale.
Un placement responsable reste un placement. Il doit donc être sélectionné avec la même rigueur qu’un support plus classique.
Comment intégrer l’épargne solidaire dans votre stratégie patrimoniale ?
L’épargne solidaire peut trouver sa place dans une stratégie globale, notamment via :
- l’assurance-vie ;
- le PER ;
- le PEE ;
- l’épargne salariale ;
- les supports ISR ;
- les fonds liés à la transition énergétique.
Elle peut compléter une stratégie déjà construite autour de la retraite, de la transmission, de l’optimisation fiscale ou de la diversification patrimoniale.
Ce qu’il faut retenir sur l’épargne solidaire
L’épargne solidaire se développe dans les principales enveloppes patrimoniales : assurance-vie, PER, PEE et épargne salariale.
Elle permet de donner davantage de sens à ses placements, tout en participant au financement de projets utiles à la société ou à la transition écologique.
Mais comme pour tout investissement, le choix des supports doit rester cohérent avec votre situation personnelle, vos objectifs, votre horizon de placement et votre tolérance au risque.
Chez Patriq, nous vous aidons à construire une stratégie patrimoniale lisible, cohérente et adaptée à vos projets, sans céder aux effets de mode.